Patrimoine de Goulven

La fondation de cette église remonterait à la vie de Saint Goulven qui aurait demandé au comte Even, vainqueur des pirates, de lui construire une église.

Remaniée au cours des siècles, elle fut totalement refaite du 14è siècle au 17è siècle. L'édifice actuel, à l'exception de la tour édifiée sur son flanc sud, date de la fin du 15è siècle, début du 16è siècle.

 

Une question se pose : pourquoi un clocher aussi imposant (58 mètres) par rapport aux proportions plus restreintes de l'église (24 mètres sur 18 mètres) ? La réponse se situe au niveau du culte de saint Goulven. En effet, jusqu'à la Révolution, ce culte était largement répandu et, pour que le pèlerinage soit valable, il fallait y laisser une offrande. Par ailleurs, le seigneur des lieux, le baron Alain V de Penmarc'h dont on peut toujours apercevoir le château à l’intersection des routes de Lesneven à Plouguerneau de Brest à Guissény par Plouvien et Loc-Brévalaire, obtint du roi François 1er le droit à faire tenir des foires quatre fois par an et le mardi de chaque semaine au bourg de Goulven. La richesse de la commune s'en est trouvée accrue.

Le clocher porte à sa base la date de 1593, date du commencement de la construction du clocher.

« D'après un vieux manuscrit, dépouillé par M. l'abbé Salaün, le clocher aurait été béni le deuxième jour de juin 1639 (fête de l'Ascension); les travaux auraient donc duré près de 46 ans, et ce qui explique ce long intervalle, c'est que le nombre des ouvriers n'a jamais dépassé trois ou quatre. On trouve leur noms sur les registres; ce sont: Yvon Miossec, Yvon Le Laé et un autre Le Laé qui n'était qu'apprenti. Leur solde était de cinq sols par jour. Le principal maitre de l'œuvre fut un M. Mondot ou Mondou (ndlr: en réalité Yvon Le Mouden), ayant sa résidence à Landerneau. Il était payé une livre par jour, plus sa collation. Il eut pour contremaître Olivier Pascouet, qui habitait Goulven.»

Bulletin diocésain d'histoire et d'Archéologie  -XIè année - 1911 - Notices sur les paroisses du diocèse de Quimper et de Léon par MM. PEYRON et ABGRALL.


«En 1639, en plus des dépenses habituelles, salaires des ouvriers et achat de matériaux, il fallut payer des charpentiers pour "d'échafauder la tour" et verser 54 livres 10 sols au maréchal pour "le fer et la façon de la croix de la tour". Les dépenses furent alors telles qu'à la reddition des comptes, la fabrique se trouva face à un déficit de 208 livres 11 sols 1 denier» .

"Sur la vie paroissiale à Goulven au 17ème siècle" par M.F. KERDRAON

 


Le jour de l'inauguration du clocher, le 2 juin 1639, un repas fut offert aux paroissiens par la fabrique de Goulven. « Les frais convenus à faire le jour de la bénédiction » comprenaient « une barrique de vin, trois boisseaux et quart de froment, trois côtes de bœuf, une coste de sallé, un mouton et deux agneaux, dix-huit poulets, onze douzaines d'œufs, un veau gras, trois écuelles de beurre, deux cochons, rubans, bandes, clous de girofle et autres épices, cuisinier, four, bois, gruau, sel, farine et autres choses nécessaires. »


La dépense se montait à 130 livres, 19 sols et 6 deniers.
«Insistons moins sur les quantités, puisque nous ignorons le nombre des convives, que sur la richesse de l'alimentation proposée, la diversité des viandes en particulier; ainsi cette gamme alimentaire équilibrée montre le rôle capital de l'élevage qui fournit trois ou quatre sortes de viandes. Grâce à cette liste, on s'aperçoit que les épices, dont on connaît l'importance dans l'alimentation médiévale des jours de fêtes et sur les tables aisées, continuent à être appréciées et ont conquis les banquets ruraux dès la première moitié du 16è siècle.»

«Age d'or de la Bretagne 1532-1675» Alain CROIX - Éditions Ouest-France Université


La foudre tomba à deux reprises sur ce clocher, en 1763 et en 1835. Lors de ce dernier foudroiement, le 26 février 1835 à quatre heures de demi du soir, le curé baptisait un enfant dans l'église au moment où le "tonnaire" décapita le sommet de la flèche. Il eut la présence d'esprit d'attirer à lui, sous une retraite voutée d'environ 80 centimètres de saillie, les cinq personnes qui se trouvaient auprès de lui et par ce moyen, aucunes d'elles n'a été victime d'un évènement qui devait les écraser toutes.


L'église de Goulven fut l'un des premiers monuments du Finistère classés parmi les monuments historiques, dès 1836, à la suite de la visite de Prosper Mérimée, conservateur des monuments historiques.



Des travaux de rénovation ont eu lieu entre 2010 et 2012. L'orgue dont certains éléments avaient disparu depuis un siècle, a été retrouvé, les différentes pièces le composant éparpillées dans le pays. Depuis l'été 2012, il sonne à nouveau à l'occasion de concerts.

Orgue et église de Goulven
St Goulven et le Comte Even

L'église Saint-Goulven

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